Culture Strasbourg

Yasmina Khadra

Yasmina Khadra

Yasmina Khadra, écrivain algérien, notamment auteur de L’Attentat, Les Hirondelles de Kaboul ou bien encore de Ce que le jour doit à la nuit était de passage à Strasbourg dans le cadre de la promotion de son dernier roman: L’Olympe des infortunes.

Yasmina Khadra est un personnage imprévisible. Il accorde une importance toute particulière au temps et se permet une franche tape amicale pour marquer un début d’entretien chaleureux. Rencontre avec un personnage détonnant et fascinant.

Xavier Lacombe : « Comment s’est manifestée votre envie d’écrire? Etait ce par besoin d’exprimer un ressenti, un vécu ? »

Yasmina Khadra : « Tout d’abord, je pense que les personnes qui décident de faire de l’écriture leur métier ne le font pas forcément par volonté d’extérioriser, de se soulager. Il s’agit davantage de construire des ponts avec les autres, d’entrer en communication et de toucher le plus grand nombre.Pour ma part, je suis né pour écrire tel l’oiseau est né pour chanter.On m’a confisqué le monde très jeune (Yasmina Khadra est entré à l’école militaire dès l’âge de 9 ans), j’ai alors tâché de le retrouver à travers la littérature.De plus, je suis issu d’une lignée d’artistes multiséculaires, il est donc naturel que je me sois tourné vers l’écriture. »

Xavier Lacombe : « En tant qu’écrivain algérien résidant à Paris, quelle est votre opinion au sujet du débat sur l’identité nationale ? »

Y.K. : « Vous savez, je pense sincèrement que les Hommes ne sont pas si différents mais au contraire que l’on peut apprendre, s’enrichir l’un l’autre. Il faut se nourrir des différences culturelles, des autres, de ses rencontres. J’ai pour habitude de dire qu’il n’existe pas de bonheur qui n’est pas partagé ».

Mounir Belhidaoui : « Pensez-vous qu’il y a un élitisme intellectuel en France aujourd’hui ? »

Y.K. : « Bien sûr… C’est un univers fermé qui se nourrit de lui-même. C’est un monde propice à l’échange, au débat vif mais devant être courtois, n’oublions pas que nos seules armes sont les idées ».

Mounir Belhidaoui : « Quels sont vos modèles ? »

Y.K. : « Je suis la somme de tous les écrivains que j’ai lus. Une admiration pour Steinbeck. Pouchkine, la littérature russe en général. J’appelle tous mes lecteurs à s’inspirer des livres qu’ils ont lus. Nietzsche, aussi. Il est très mélodramatique, c’est ce qui m’a toujours fasciné chez lui. Un être capable de comprendre les méandres de l’homme ».

M.B : « Que pensez-vous de la condition féminine en France ? »

Y.K. : « Je trouve que la femme n’est pas considérée à sa juste valeur. L’Homme veut garder sa supériorité mal placée, peut-être de peur de voir les mentalités se renverser. Par contre, je trouve que le combat à la limite du violent des féministes n’a pas lieu d’être ».

M.B : « Que pensez-vous de la situation Israélo-palestinienne ? »

Y.K. : « Je pense qu’il y a un vrai ressentiment, temporel, durable, des deux côtés. C’est la haine, la colère, le racisme mélangés qui est devenu exécrable. Et ce n’est pas les gouvernements internationaux, avec leurs traités et leurs accords, qui vont régler les choses. Le processus de paix est un bourbier ».

Merci beaucoup pour votre disponibilité, votre talent et votre gentillesse.

Propos recueillis par Xavier Lacombe et Mounir Belhidaoui.

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