Le récent séisme survenu à Haïti, ainsi que l’exercice Richter 2010 prévu le jeudi 4 février dans le Haut-Rhin sont l’occasion de partir à la découverte du SERTIT (service régional de traitement d’image et de télédétection).
Il a pour vocation d’extraire et de mettre en forme de l’information à partir de données produites par les systèmes d’observation de la Terre (satellites)
Le SERTIT a été fondé en 1986 par Paul De Fraipont qui en est aussi le directeur.
Malgré un emploi du temps chargé, l’accorte M. de Fraipont a eu la gentillesse de m’ouvrir les portes de son centre, l’espace d’une matinée afin de nous permettre d’en apprendre davantage sur un organisme qui,  malgré son rôle prépondérant dans la gestion des catastrophes naturelles, reste méconnu.
Xavier Lacombe : «Dans quelles situations fait-on appel à vos services ? »
Paul De Fraipont : « Nous sommes sollicités en cas de catastrophe naturelle. Notre rôle est de fournir des données exploitables, utiles aux secours dépêchés sur les lieux martyrisés par des calamités. Concrètement, nous traitons des données satellites (images numériques qui se présentent sous forme de matrices de chiffres) que nous analysons afin d’obtenir des topographies des lieux sinistrés. Ces cartes sont ensuite transmises aux centres de décision puis relayées aux équipes dépêchées sur les sites endommagés afin de leur permettre de traiter en priorité les endroits les plus atteints ».
Xavier Lacombe : « Quel a été votre rôle dans le séisme du 12 janvier survenu à Haïti ? »
P.D.F. : « Lors de ce tremblement de terre, la France a été la première à déclencher l’alarme. De plus, de par le passé qui lie la France à l’île d’Haïti (population francophone), il est logique que nous ayons été chargés, sous le contrôle du CNES, l’Agence Française de l’Espace, de superviser la tragédie. Nous avons recherché des cartes « pré-séisme » sur lesquelles nous avons superposé des images « post-séisme » qui permettent d’avoir une idée précise des dégâts. Nous avons ensuite mis de la couleur sur les cartes afin de faire ressortir les reliefs (eau, montagnes, forêts, etc.). Ces cartes alors rendues exploitables sont utilisées pour gérer au mieux les équipes de secours ».
X.L. : « Parlez nous à présent de l’exercice Richter 2010 et du choix du Haut Rhin comme zone d’entraînement ? »
P.D.F : « Il s’agit d’un exercice de simulation d’un séisme majeur avec toutes les conséquences que cela entraine. A l’échelle hexagonale, le Haut Rhin est une zone à sismicité historique non négligeable ».
X.L. : « Quels sont les objectifs de ce genre d’exercice ? »
P.D.F. : « Toute la difficulté pour nous réside dans le fait qu’il n’y a pas de dégâts réels alors que paradoxalement, il faut produire des informations les plus réalistes possibles en travaillant à partir de simulations. Nous prenons des images historiques sur lesquelles nous projetons les conséquences prévisibles pour ce type de catastrophe. Dans un premier temps, nous envoyons des images de la zone avant l’événement puis en respectant le timing prévu des informations de crise (bâtiments affectés, simulation de glissements de terrain, zones infranchissables, etc.). Cela permet de montrer aux équipes présentes sur place ce qu’elles peuvent attendre du SERTIT dans l’optique d’un cas réel ».
Merci beaucoup pour votre disponibilité.
Propos recueillis par Xavier Lacombe






